Comment donner son préavis quand on est étudiant : règles, exceptions et modèles prêts à l’emploi

Législation02/03/26Laëticia Baudoin11 min
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Comment donner son préavis quand on est étudiant : règles, exceptions et modèles prêts à l’emploi

Pour donner votre préavis en tant qu’étudiant, la règle est simple: ce n’est pas votre statut qui fixe le délai, mais le type de bail. En pratique, vous êtes le plus souvent sur 1 mois (meublé, bail étudiant de 9 mois, bail mobilité) ou sur 3 mois (location vide), avec des exceptions qui peuvent ramener ce délai à 1 mois. L’essentiel est de notifier votre congé en bonne et due forme et de garder une preuve datée de sa réception.

Étape 1: identifiez votre bail, et vous aurez déjà votre délai

Vous hésitez entre 1 mois et 3 mois ? Commencez par relire l’intitulé de votre contrat et ses premières pages: c’est là que figure généralement la nature du bail. Être étudiant n’entraîne pas automatiquement un préavis réduit. Ce sont les règles du bail d’habitation (loi n°89-462 du 6 juillet 1989) qui s’appliquent, avec des régimes distincts selon que le logement est loué vide, meublé, en bail étudiant ou en bail mobilité.

Type de bail Durée du contrat (repère) Préavis locataire Point d’attention
Location vide (nue) Souvent 3 ans (bailleur personne physique) 3 mois en principe Peut passer à 1 mois si vous êtes dans un motif légal (zone tendue, mutation, etc.)
Location meublée (classique) 1 an minimum 1 mois Tacite reconduction possible si le contrat est prévu sur au moins 1 an
Bail étudiant (meublé spécial) 9 mois, non renouvelable 1 mois Fin à l’échéance du bail; prudence si vos documents évoquent une « reconduction »
Bail mobilité 1 à 10 mois 1 mois Pas de dépôt de garantie dans ce cadre

Concrètement: si votre bail est un meublé (y compris bail étudiant) ou un bail mobilité, vous partez en général avec un préavis d’un mois. Si votre bail est une location vide, partez sur 3 mois, puis vérifiez si vous pouvez demander la réduction à 1 mois.

Étape 2: location vide, vérifiez si vous avez droit au préavis réduit à 1 mois

Premier cas de figure: vous louez vide. Le préavis est de 3 mois, sauf si vous entrez dans un motif légal permettant de descendre à 1 mois. Attention à une confusion fréquente: un départ en stage, même très encadré, ne permet pas d’obtenir la réduction du préavis à 1 mois.

Autre hypothèse: vous avez un motif, mais vous ne le justifiez pas. Dans ce cas, vous prenez un risque simple: votre bailleur peut considérer que le préavis reste à 3 mois. Ma recommandation est nette: écrivez le motif dans la lettre et joignez la pièce, pièces à l’appui.

  • Zone tendue
  • Obtention du premier emploi
  • Mutation professionnelle
  • Perte d’emploi ou reprise d’emploi après une période de chômage
  • Problème de santé justifié par certificat médical
  • Bénéficiaire de l’AAH ou du RSA
  • Certains cas de logement social

Vous vous demandez quel justificatif joindre ? Restez simple et lisible: une attestation employeur et une date d’embauche pour un premier emploi, une décision de mutation, une notification liée au chômage, un certificat médical si vous invoquez un motif de santé, ou tout document prouvant votre situation AAH ou RSA. L’objectif n’est pas d’en dire trop, mais de permettre au bailleur de comprendre et de vérifier.

Petite anecdote de terrain: j’ai déjà vu un étudiant convaincre son bailleur au téléphone, puis se retrouver bloqué car rien n’était écrit. Une simple phrase dans le congé et une copie du justificatif auraient suffi. Prudence, donc: si ce n’est pas traçable, c’est contestable.

Étape 3: calculez votre date de départ, sans vous tromper sur le point de départ

La règle opérationnelle à retenir est la suivante: le délai commence à courir à compter de la réception de votre congé par le bailleur (ou l’agence). Pas à la date où vous l’écrivez, ni à la date où vous le postez.

Vous voulez partir le 30 juin avec un préavis d’un mois en meublé ? En pratique, votre congé doit être reçu au plus tard le 30 mai. Vous visez un départ le 14 juin et vous êtes sur un mois ? Anticipez: visez une réception autour du 15 mai.

Pour éviter les discussions sur « 30 jours » versus « 1 mois », je vous conseille de raisonner en dates de calendrier, et d’écrire noir sur blanc la date d’effet souhaitée: « je quitterai les lieux le… ». Votre bailleur peut-il refuser la date ? En principe, non, si vous respectez le préavis applicable et le formalisme.

avis-de-date-calendaire

Étape 4: notifiez le congé avec une preuve solide

La loi admet trois voies. La plus utilisée reste la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Vous pouvez aussi remettre votre congé en mains propres contre récépissé, ou passer par un acte d’huissier. Quel que soit le canal, votre objectif est identique: pouvoir prouver la date de réception.

Posez-vous une question simple: si demain il y a un désaccord, quelle pièce montrerez-vous ? Un e-mail isolé ou un SMS ne vous apporte pas la même sécurité qu’un accusé de réception ou un récépissé signé.

Mentions à faire figurer dans votre lettre

La règle est simple: une lettre courte, complète, et datée. Indiquez vos coordonnées, celles du bailleur, l’adresse du logement, la date de signature du bail, et la date de fin souhaitée. Ajoutez la base légale de manière lisible, sans noyer votre courrier.

Vous pouvez reprendre une formule sobre, par exemple en citant l’article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Les références aux articles 12 et 15 sont couramment utilisées dans les modèles. Si vous demandez un préavis réduit, écrivez le motif clairement et joignez le justificatif en copie.

Modèle de lettre de congé (préavis 1 mois ou 3 mois) prêt à personnaliser

Copiez-collez, puis adaptez les champs entre crochets. Si vous envoyez en LRAR, gardez une copie du courrier et l’accusé de réception. Vous disposerez ainsi d’une preuve, en cas de litige.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Téléphone, e-mail]

[Nom du bailleur ou de l’agence]
[Adresse du bailleur ou de l’agence]

Objet: congé du locataire et résiliation du bail (article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989)

[Ville], le [date]

Madame, Monsieur,

Je vous informe par la présente de mon intention de mettre fin au bail d’habitation signé le [date de signature] portant sur le logement situé [adresse complète].

Conformément à l’article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, et en respectant le délai de préavis applicable, je quitterai les lieux le [date de fin souhaitée].

Si préavis réduit (uniquement si vous êtes en location vide et éligible): je vous demande de prendre acte d’un préavis réduit à 1 mois au titre du motif suivant: [zone tendue / premier emploi / mutation / perte d’emploi / reprise d’emploi / santé / AAH / RSA / logement social]. Vous trouverez ci-joint le justificatif correspondant.

Je vous propose de convenir d’une date pour l’état des lieux de sortie et la remise des clés. Je vous remercie également de procéder, le moment venu, à la restitution des sommes dues au titre du dépôt de garantie, conformément aux règles applicables.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

signature

Étape 5: anticipez l’état des lieux et la restitution du dépôt de garantie

Dans un premier temps, fixez une date d’état des lieux par écrit. Le jour venu, prenez des photos datées, et vérifiez pièce par pièce. Ce n’est pas de la défiance, c’est de la méthode: l’état des lieux est le document qui conditionne le dépôt de garantie.

Pour la restitution, retenez cette règle pratique issue de la loi du 6 juillet 1989: le délai mentionné dans vos documents peut varier selon la situation. On retrouve une divergence fréquente entre un délai d’un mois lorsque l’état des lieux de sortie est identique à l’entrée, et un délai pouvant aller jusqu’à deux mois lorsque des différences justifient des retenues. Si votre bail ou un modèle de courrier parle de « deux mois » de façon automatique, vérifiez que cela correspond bien à votre cas.

Sans nouvelles de votre bailleur après l’échéance applicable, passez à l’écrit. La solution ? Une relance formelle, puis une mise en demeure si nécessaire, toujours avec preuve de réception.

Payer le loyer pendant le préavis: ce que vous devez prévoir

En principe, pendant le préavis, vous restez tenu au paiement du loyer et des charges jusqu’à son terme. Deux exceptions pratiques existent: si un nouveau locataire occupe le logement avant la fin du préavis, ou si vous obtenez un accord amiable du bailleur pour réduire la période facturée.

Autre point à connaître: une clause qui imposerait « tout mois commencé est dû » n’a pas vocation à s’appliquer. En pratique, si vous partez en cours de mois et que la situation s’y prête, on raisonne en prorata. Exemple pédagogique: si vous quittez le 14 juin, vous pouvez être amené à payer un montant correspondant à 16 jours sur 30 pour la période restante, selon l’organisation retenue et les échanges avec le bailleur.

Cas étudiants fréquents: colocation, Crous, chambre chez l’habitant

Vous êtes en colocation ? Le point de départ reste le même: regardez votre bail. Certains baux prévoient une sortie individuelle (un colocataire donne congé, les autres restent). D’autres fonctionnent de manière plus collective et demandent une coordination avec les colocataires et le bailleur. Si vous demandez un préavis réduit en location vide, la logique est identique: vous devez être éligible et justifier.

Vous êtes en résidence universitaire ou via le Crous ? Le préavis est souvent annoncé à 1 mois lorsqu’il s’agit d’un bail mobilité ou d’un bail meublé de 9 mois, mais la bonne pratique reste de vérifier votre contrat et la procédure interne demandée.

Vous louez une chambre chez l’habitant ? Là encore, ne présumez pas: tout dépend du cadre contractuel (meublé ou autre convention). Quand il s’agit d’un meublé, on retombe généralement sur un préavis d’un mois.

Si votre bailleur conteste: gardez une démarche graduée

Un bailleur vous réclame « 15 jours en plus » ou refuse votre préavis réduit ? Ne montez pas immédiatement d’un cran. Suivez une logique simple: vérification, relance, mise en demeure, puis recours amiable avant le juge. Votre force, c’est votre dossier: congé daté, preuve de réception, justificatif, échanges écrits.

  • Vérifiez votre type de bail et votre motif de réduction, puis relisez votre lettre envoyée.
  • Relancez par écrit en rappelant la date de réception du congé et la date de fin de préavis.
  • Mettez en demeure en LRAR si le blocage persiste, en joignant à nouveau les pièces.
  • Saisissez un organisme d’information ou de conciliation (ADIL, commission départementale de conciliation) si nécessaire.

Je le répète souvent: en location, vous n’avez pas besoin d’écrire long. Vous devez écrire juste, daté, et prouvable.

Dernier conseil pour la route: avant d’envoyer, relisez votre courrier comme si vous étiez le bailleur. Comprend-on immédiatement le type de bail, la date de fin demandée, le délai appliqué, et le justificatif s’il y en a un ? Si oui, vous êtes sur de bons rails.

Pour vos vérifications officielles, appuyez-vous sur des sources institutionnelles comme Service-public.fr et l’ADIL, et conservez une copie de chaque document transmis. Si une incertitude persiste, notamment sur un bail étudiant de 9 mois et les pratiques de fin de contrat, prenez un avis avant d’agir.

À propos de l'auteur

Laëticia Baudoin

Laëticia Baudoin

Je m’appelle Laëticia Baudoin et j’écris avec une approche pédagogique et pragmatique pour vous aider à comprendre, pas à pas, les règles juridiques et administratives liées au logement. Mon objectif : traduire les notions (LRAR, dépôt de garantie, mise en demeure) en actions simples, vérifiables et sécurisées.